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Mercredi 13 Décembre 2017

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Le village terre

Le village terre

Ensemble architectural unique en Europe, ce site est classé depuis 2008 parmi les 45 trésors du développement durable de la Région Rhône-Alpes.

Retrouvez les galeries photos du Domaine de la Terre içi et içi.

Le site

Le Domaine de la Terre est né en 1985 dans le contexte de la Ville Nouvelle de l’Isle d’Abeau, qui se prête particulièrement à l’innovation et à l’expérimentation, mais également dans la tradition de la région Dauphinoise, où 80% des maisons construites avant 1950 le furent en pisé, appelé également « terre crue ». Centre du nouveau quartier des Fougères (le dernier construit de la commune de Villefontaine), il est le point haut de la ville et domine la moitié de l’agglomération.

 

Partenaires

Réalisé par l’OPAC de l’Isère (Office Public d’Aménagement et de Construction), l’EPIDA (Établissement Public d’Aménagement de la Ville Nouvelle) et CRATerre (Centre de recherche et d’Application Terre), dans le but de promouvoir une recherche architecturale et technique sur la terre crue.

 

Le Programme

Le village terre, comporte 65 logements répartis sur 2,2 hectares en 12 îlots.

Il s’agit d’une opération de type « Habitation à Loyer Modéré » (HLM) constituée de soixante-cinq logements individuels regroupés en îlots de cinq à dix logements mitoyens, du type trois (T3) au type six (T6). Les surfaces habitables oscillent entre 65 à 73 M2 et 105 à 110 M2.

L’habitation principale est répartie sur deux ou trois niveaux. Chaque logement bénéficie d’une ou plusieurs annexes telles que cellier, buanderie, serre, loggia ou balcon. Un garage et un espace privatif clos ou planté de gazon complètent l’aménagement de chacun des logements.

Une occupation moyenne des locaux par trois à cinq personnes par famille, concerne une population d’environ trois cents personnes.

 

Les Objectifs

Les objectifs annoncés par les organisateurs sont – à l’image du village solaire de Nandy – de construire un « village exposition » montrant les diverses techniques de construction en terre et quelques unes des expressions architecturales possibles.

Ici, des scientifiques, des techniciens, des ingénieurs, des architectes, des bureaux étude, des maçons ont noué un dialogue nouveau avec le legs de la tradition pour manifester une modernité de la terre.

  • retrouver un matériau économe en énergie (dans sa mise en œuvre et son utilisation)
  • renouer avec la tradition de la région
  • démontrer que la terre crue peut apporter une réponse fiable aux problèmes de logements notamment à l’échelle du Tiers Monde.

En matière de confort thermique, les solutions se rapprochant du respect de celle prévue en 1985 (50% d’économie d’énergie par rapport à la réglementation de 1982) étaient demandées.

Les organisateurs ne s’illusionnent pas sur la possibilité de réaliser, à la suite du village terre, de l’habitat social en terre dans des conditions économiques satisfaisantes. Mais, hors de l’habitat social, une demande culturelle pour des maisons en terre se manifeste en France.

L’expérimentation envisagée se rattache à la problématique « matériaux, composants, techniques de construction et environnement ».

LE SAVOIR TERRE

Quand on parle de construire en terre, il convient de préciser quel produit on évoque : le cru ou le cuit. Dans toute cette plaquette, il ne sera question que de la terre crue. Car il faut savoir que ce sont là deux matériaux différents Par leur composition, leur nature et surtout leur processus de transformation.

La terre crue est un matériau composite, réellement un « béton maigre », c'est-à-dire un matériau composite fait d’agrégats sans cohésion liés par de l’argile. Dans des proportions très variables, les graviers, les sables, les limons et les argiles constituent cette « terre crue » apte à être utilisée pour la construction.

Les propriétés cohésives de l’argile sont telles qu’il en suffit d’une petite quantité pour assurer la cohésion du « béton (maigre) de terre ». Ainsi ne sera-t-il pas nécessaire d’avoir plus de 20% d’argile dans une terre à bâtir alors qu’il faudra au moins 45% de sables et une part non négligeable de graviers pour bien structurer le matériau. De ce fait, les constructions en « béton (maigre) de terre », densifié par compactage (et dont la porosité peut être fortement réduite), peuvent atteindre une stabilité irréversible pour peu qu’elles soient bien mises en œuvre et bien protégées de l’humidité.

A travers le monde, il existe de nombreuses techniques d’utilisation de la terre crue.

La terre crue : un matériau naturel, non transformé et disponible régionalement. La terre est prélevée sous la couche de la terre arable (à vocation agricole) et est composée d’un mélange de gravier, limon, sable, argile en proportion variable.

Trois grandes familles de construction en terre ont été retenues en ce qui concerne le Domaine de la Terre :

  • Les blocs de terre comprimée

La terre extraite du sol, humidifiée et stabilisée par du ciment est déposée dans le moule d’une presse et comprimée. Puis les blocs sont assemblés au mortier de terre ou de chaux.

  • Le Pisé

La terre humidifiée est déversée dans les coffrages en place (jadis en bois : les banches, aujourd’hui en acier) puis est fortement compactée (autrefois à l’aide du pisoir, aujourd’hui mécaniquement). Par superposition des différentes couches, on constitue le mur.

  • La terre paille

On construit d’abord l’ossature en bois et la couverture qui protège des intempéries. La terre est dispersée dans de l’eau jusqu’à l’obtention d’un liquide épais, la barbotine, que l’on mélange à la paille. Ce matériau va servir à remplir les ossatures et construire les murs. Les six logements en terre paille du village terre ont une protection en bardage bois.

Au final, le Domaine de la terre est constitué de 45% de logements en pisé, 45% en blocs de terre et 10% en terre paille.

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