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Dimanche 20 Août 2017

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Jérémy Bruyère - Le Jazz, de Villefontaine à New York

© Gili Getz

Contrebassiste de talent, ce Villard vient d’obtenir la bourse Fullbright et celle de la New school. Il suit donc des cours à la New school for jazz and contemporary music of New-York, l’unes des plus prestigieuses universités dans ce domaine. Parce que ce brillant début de carrière prend ses racines
dans le sol de Villefontaine, la municipalité soutient Jérémy Bruyère dans son ascension.

Vivre Villard : Pourquoi avoir choisi la contrebasse ?

Jérémy Bruyère : En fait j’ai tout d’abord débuté la guitare à l’école de musique de Villefontaine. J’avais un fabuleux professeur qui se nomme Jean-Pierre Simonnet et qui y enseigne toujours d’ailleurs. C’est un prof exceptionnel. Il est passionné, ouvert et multi-instrumentiste hors pair ! C’est d’ailleurs lui qui m’a vendu ma première vrai basse et donné envie d’en faire. J’ai ensuite pris des cours avec Manu Vallognes, également prof au conservatoire Hector Berlioz. Fin 2001, une affiche à l’école de musique annoncel’ouverture d’une classe de contrebasse et cela m’intéresse beaucoup... Je loue une contrebasse quelque jours avant la rentrée pour finalement apprendre que cette classe ne s’ouvrira finalement pas... Je décide tout de même d’essayer d’apprendre l’instrument tout seul, c’est alors l’année du baccalauréat.

V.V. : Qu’est ce qui vous a poussé à vous orienter vers le jazz aujourd’hui ?

J.B. : Là encore, c’est la combinaison de différents facteurs. Le premier est que mon père aime beaucoup le jazz et la musique en général. Il m’a emmené quelque fois voir des concerts de jazz, notamment au fameux festival de Vienne. Le second est que le conservatoire Hector Berlioz commençait a avoir une super classe de jazz qui tournait bien, et j’y ai naturellement été convié, car mes deux professeurs de l’époque cités plus haut me donnaient des cours d’initiation au jazz pour préparer l’entrée dans ce département. J’ai toujours eu la curiosité et l’envie de toucher à tous les styles, le métal, les musiques traditionnelles irlandaise, scottish et centre France, la punk, etc... Ainsi je suis sou amené à faire des concerts de funk, world music, fla afro cubaine, pop, klezmer, etc...
J’ai donc appris à connaître et aimer cette musique et c’est après mon bac que j’ai décidé d’aller plus loin. Je me suis inscrit au conservatoire de Lyon pour prendre des cours de contrebasse. En octobre 2003, j’intégrais la classe de jazz de Jérôme Regard (Bassiste contrebassiste très demandé aujourd’hui...). Pour apprendre correctement la contrebasse, il m’envoya prendre des cours de contrebasse classique (car c’est le meilleurs moyen pour acquérir des bases solides au niveau technique : justesse, position, etc...) et lors de mon premier cours avec Marylène Boer (contrebasse classique), je découvre un tout nouveau monde. Je suis aussitôt séduit et cette passion va aller tellement loin que je réussi à passer mon Prix de Conservatoire en Juin 2005, donc en moins de deux ans alors qu’il faut en général 8 à 10 ans ! En 2006 je rentre au Conservatoire Supérieur de Musique et Danse de Lyon où j’obtiens mon Master 2 (Prix de Conservatoire Supérieur) avec les félicitations du jury. Durant tout ce temps je n’ai pas arrêté le jazz mais je n’ai pu continuer le parcours d’apprentissage académique, j’ai donc joué et pratiqué seul. C’est précisément pour cela que je me rattrape aujourd’hui en partant à NYC, capitale mondiale du jazz, pour apprendre en profondeur ventmenco, cette musique.

V.V. : Y a-t-il eu une ou plusieurs rencontres particulières au cours de votre parcours musical que vous voudriez mettre en avant ?

J.B. : Il y en a tellement... Néanmoins ces deux dernières années, j’ai fait beaucoup de rencontres qui m’ont confortées dans l’idée que je voulais vraiment poursuivre la voie de musicien professionnel. J’ai notamment eu la chance d’être appelé par le violoniste Didier Lockwood pour faire une tournée au Maroc, puis pour jouer dans son Quintet, les Jazz Angels. Outre mes parents qui ont été d’un soutien sans faille et qui m’aident beaucoup dans ma démarche je tiens à saluer Isabelle Chourry. Quand j’étais au Collège Louis Aragon, il y a avait une chorale, et chaque fin d’année, nous faisions un spectacle grandeur nature, avec des musiciens pros et tout ce qu’il faut pour faire un opéra rock qui se respecte... C’est à cette période qu’a vraiment commencé mon envie de devenir musicien...

V.V. : Quelles sont vos premières impressions sur New York et sur votre formation ?

J.B. : J’ai déjà fait une dizaine de concerts dans des clubs et autres lieux, dont la moitié avec une chanteuse française qui se nomme Cyrille Aimée. Les cours que je reçois me permette de faire le point sur ce que je sais déjà et ce qu’il me reste à apprendre (une infinité en somme) et je dois dire que c’est exactementce pourquoi je suis venu ici. Je suis ravi et je sens déjà que cela me fait avancer, j’espère que cela va continuer. Aujourd’hui, j’habite à Brooklyn, très proche de Prospect Park, ce qui me permet de respirer après ces longues journées, on ne se croirait presque pas à NYC...

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